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# Choisir la bonne méthode au bon moment

On suppose souvent que la capture des connaissances n’intervient qu’à la fin d’un projet, pour documenter les enseignements tirés de ce projet. Une fois documentés, ces enseignements sont généralement consignés dans un rapport et correctement archivés. C’est bien, mais ce n’est pas très utile.

Pour éviter cet écueil courant, il est important de comprendre que **la capitalisation des enseignements est un ensemble de méthodes qui doit être adapté au cycle d’apprentissage spécifique** (voir [Mettre en place un système MEAL orienté vers l’apprentissage](/compass/home/home-fr/apprentissage-et-adaptation/mettre-en-place-un-systeme-meal-oriente-vers-lapprentissage.md)).

<table><thead><tr><th width="122">Cycle</th><th width="258">Déclencheur typique</th><th>Méthode</th><th>Investissement</th></tr></thead><tbody><tr><td><strong>Continu</strong></td><td>Fin d’une activité, d’une courte mission ou d’un incident</td><td>Débriefing immédiat / Retour d’expérience à chaud</td><td>Faible — 30 à 60 min</td></tr><tr><td><strong>Régulier</strong></td><td>Fin d’une phase du cycle de projet ; revue trimestrielle</td><td>Revue collective des enseignements tirés</td><td>Modéré — une demi-journée</td></tr><tr><td><strong>Lent</strong></td><td>Achèvement d’un projet/programme ; expérience jugée très précieuse ; sujet transversal</td><td>Processus de capitalisation structuré</td><td>Le plus important — plusieurs jours, répartis dans le temps</td></tr></tbody></table>

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### <mark style="color:orange;">Comment choisir la méthode la plus appropriée pour capitaliser les enseignements ?</mark>

Exemple d’arbre de décision simple pour choisir la bonne méthode :

<details>

<summary>L’expérience est-elle encore fraîche et localisée (une équipe, un événement) ?</summary>

→ **Un débriefing immédiat suffit.** Voir [Revues après action : des débriefings légers et fréquents](/compass/home/home-fr/apprentissage-et-adaptation/apprendre-de-lexperience-et-partager-les-enseignements/revues-apres-action-des-debriefings-legers-et-frequents.md).

</details>

<details>

<summary>L’expérience implique-t-elle plusieurs équipes, phases ou parties prenantes, et vaut-elle la peine d’être formalisée pour une utilisation future ?</summary>

L’expérience compte au-delà du moment où elle s’est produite, et une trace écrite changerait réellement la manière dont la phase suivante est abordée.

→ **Prévoyez un processus d’apprentissage structuré.** Voir [Processus structurés d’apprentissage des leçons](/compass/home/home-fr/apprentissage-et-adaptation/apprendre-de-lexperience-et-partager-les-enseignements/processus-structures-dapprentissage-des-lecons.md).

</details>

<details>

<summary>Les connaissances produites dépassent-elles le cadre du projet lui-même (utiles à d’autres projets, à d’autres organisations ou au secteur dans son ensemble) ?</summary>

→ **Concevez dès le départ le résultat pour qu’il puisse être diffusé**et non comme une réflexion après coup. Voir [Documenter et partager : formats, diffusion et mesures de protection](/compass/home/home-fr/apprentissage-et-adaptation/apprendre-de-lexperience-et-partager-les-enseignements/documenter-et-partager-formats-diffusion-et-mesures-de-protection.md).

</details>

Ces questions ne s’excluent pas mutuellement. Un débriefing immédiat peut ensuite alimenter un processus d’apprentissage structuré ; un processus structuré peut produire quelque chose qui mérite d’être partagé à l’extérieur. L’idée est de décider **dès le départ** quel niveau d’effort l’expérience justifie réellement, plutôt que de recourir par défaut au format le plus familier.

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### <mark style="color:orange;">Ce qui a tendance à mal tourner : pièges courants à éviter</mark>

**Attendre d’avoir « assez » pour capitaliser**

Les équipes repoussent souvent la réflexion, en pensant qu’il y aura un meilleur moment une fois que le projet sera plus avancé ou terminé. En pratique, les détails s’estompent vite : un débriefing tenu deux semaines après les faits est déjà nettement moins précis qu’un débriefing tenu le jour même.

**Se tourner par défaut vers un atelier**

Un processus d’apprentissage structuré exige du temps de facilitation, la disponibilité des participants et une question claire à examiner. Utilisé pour quelque chose qu’un débriefing de 45 minutes aurait pu capturer tout aussi bien, il consomme des ressources qui auraient été mieux employées à capitaliser plus souvent, sur davantage de sujets. Comme expliqué dans la section sur [Apprentissage et adaptation](/compass/home/home-fr/apprentissage-et-adaptation/apprentissage-et-adaptation.md) : n’appliquez pas par défaut la méthode la plus gourmande en ressources. Une revue structurée mal dimensionnée fait plus de mal que de bien. Un débriefing régulier et honnête vaut mieux qu’une revue ambitieuse qui n’est jamais achevée ou utilisée.

**Sous-investir dans ce qui mérite davantage**

Le cas inverse se produit aussi : une expérience réellement importante (c’est-à-dire un important changement de cap, un incident grave, une approche qui pourrait transformer la manière dont les futurs projets sont conçus) se retrouve réduite à une puce dans un rapport de routine parce que personne ne s’est arrêté pour reconnaître son importance.

**Choisir la méthode avant de nommer le public visé**

Un enseignement destiné uniquement à l’équipe projet peut rester informel. Un enseignement destiné à un bailleur, à un partenaire ou au secteur au sens large nécessite une méthode qui produit dès le départ quelque chose de partageable. Transformer a posteriori une note de débriefing privée en document destiné au public fonctionne rarement bien.

> #### Un conseil rapide pour vous aider à démarrer
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> Commencez par une pratique unique, simple et régulière : réservez 15 minutes à la fin de chaque réunion hebdomadaire d’équipe pour noter *« Qu’avons-nous appris cette semaine que la prochaine équipe devrait savoir ? »*&#x65;t consignez-le dans un seul document partagé. Cela peut sembler peu de chose, mais cela constitue la base sur laquelle pourra ensuite s’appuyer un processus de partage des connaissances plus structuré.

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### <mark style="color:orange;">Points clés</mark>

* La capitalisation des enseignements est un éventail de méthodes, et non un exercice réservé à la fin d’un projet.
* Adaptez la méthode au cycle d’apprentissage auquel elle appartient : continu, régulier ou lent.
* Demandez-vous à qui l’enseignement est destiné avant de choisir comment le consigner.
* Une méthode qui n’est jamais menée à terme est pire qu’une méthode plus légère qui est réellement utilisée.
* Pour les organisations qui partent de zéro, une habitude récurrente de 15 minutes vaut plus qu’une méthode ambitieuse jamais tentée.
